Les Voyages de Marina

11 novembre 2018

LA GUERRE, GRAND PERE

Aujourd'hui, 11 novembre 2018. Centenaire de l'Armistice 1914/1918. Première guerre mondiale. Mon grand père (peut être même les deux, je fais des recherches) y était. Il avait 19 ans. Je ne sais pas grand chose. Quelques lignes de ma mère sur un cahier. Mais je me suis promise de faire des recherches. Je promets également de lui acheter cette médaille de Verdun qu'il mérite.

 

LA GUERRE, GRAND PERE

 

La Guerre Grand Père, tu n'y connaissais rien,

ça s'apprend pas dans les livres et tu le savais bien

pas la peine non plus de faire Scienses Po,

suffisait juste de tout faire pour sauver sa peau.

 

Ce que tu as dû endurer n'est pas descriptible sur cet écrit

combien de fois tu as dû implorer ton ange gardien

ou bien même, toi qui ne croyait ni en Dieu ni en Marie

les as-tu supplié les genoux dans la boue en joignant les deux mains.

 

Il n'y a pas de honte Grand Père s'il t'est arrivé avant que tu t'endormes

quand le bruit des canons tout autour se faisait oublier

quand l'odeur de la mort rôdait dans ce maudit charnier

d'essuyer d'un revers de mains, tes larmes de jeune homme.

 

Tu étais bien jeune pour connaître les coups des champs de bataille

pour côtoyer la faim, le froid, la peur, la vermine, la mitraille,

tu as été ce que l'on nomme un de ces « poilus » un « fantassin »

un gars de 20 ans au Chemin des Dames à Verdun.

 

Tu l'auras Grand Père ta médaille, je t'en fais promesse

« Ils » n'ont pas su te la donner et pourtant

toi tu as fait le sacrifice de quatre ans de ta jeunesse

passés dans des bourbiers de boue, de larmes et de sang.

 

fin

Texte de Marina. N'oubliez pas votre commentaire. Merci. (fait ce jour)

 

 

 

 

 

 

 

Posté par anitamrn75 à 18:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


27 octobre 2018

POLYGONE 15

Une petite rétrospective de ces 30 années qui se sont écoulées de SON départ. J'avais fais ce texte pour la fête des pères, c'était SON courrier. Aujourd'hui, j'ai envie de vous le faire lire.  Un peu comme si j'envoyais ce courrier dans le Monde.

 

Polygone 15

 

C'est bientôt la fête des pères. Mais pour moi, c'est par cette lettre que je te la souhaiterai. Tu es parti, une fin juin, c'était un dimanche, il faisait beau. Je m'apprêtais à aller te voir, mais quand je suis arrivée c'était trop tard ! Trop tard ! Juste un « au revoir » de la veille ! Aujourd'hui, cela fait 30 ans ! 30 fêtes des père avec personne à qui la fêter. 30 fois que je t'écris. Non, je ne poste pas les courriers. Il n'y a pas d'adresse là où tu te trouves. Ah ! Si, tiens, en tout dernier pour le renouvellement de ta place, on m'a parlé de l'endroit où tu repose comme étant le Polygone 15. Oui, voilà, ton adresse donc : c'est Polygone 15. Si tu revenais papa, que penserais-tu de moi. As tu un seul jour de ta vie imaginé comment je serais 30 ans plus tard. La dernière fois que tu m'as vue, j'avais quoi ? Pas encore la quarantaine ! Pensais-tu que nous aurions un jour, chacun de nous trois, atteint ton âge ? Nous voyais tu par exemple, Marcel avec des cheveux blancs, Claudine la petite dernière, entourée de petits enfants, et moi pile poil dans l'âge qu'avait ma mère quand tu t'en es allé. T'arrivais-il de voir si loin ? Parfois je me demande. On voit ses enfants grandir, mais les imagine-t-on vieux un jour ? Je me demande d'ailleurs beaucoup de choses. Quel était le mal qui te rongeait ? Pourquoi étais-tu devenu aussi soucieux ? S'il t' était donné la possibilité de revenir parmi nous, quelques jours, quelques heures, voire quelques minutes, qu'est-ce que ce serait bien. On se dirait alors tout ce que l'on n'a pas su se dire. Comme je l'ai lu et relu ce bouquin de Marc Levy, me disant chaque fois « si cela pouvait arriver ». Parce que il y en a  des choses que l'on ne s'est pas dites ! On n'était pas des « bavards ». Il y a tant de choses que je n'ai pas su de toi, les seules que je sais s'éteindront petit à petit, car il n'y a pas eu de traces écrites. Qui se souviendra après nous. Qui dira un jour « j'avais un grand père, ou un arrière grand père qui a fait ceci ou cela », « j'avais dans ma famille quelqu'un qui a fait la guerre 39/45 », ou bien aussi « eh bien oui, mes yeux bleus je les ai hérités de mon aïeul et j'en suis fier !». Qui de toute cette progéniture nouvelle appellera un jour son rejeton Robert ou même Isidore ?

Tout ça pour dire qu'on approche de la fête des pères. La dernière qu'on t'ait souhaitée c'était en 1988. le 19 juin et peu de temps après tu nous quittais.

Après toi beaucoup nous ont quitté, Fernand, Denise, Berthe, André et Jacqueline. Reste Notre SUSSU. Ta petite soeur. Tu sais elle m'a beaucoup parlé de toi. C'est un peu ELLE qui m'a raconté tout ce que toi tu ne disais pas. Et tant mieux, je t'en aime que mieux de savoir ce que la vie t'a infligé.

Aujourd'hui je ne suis plus triste car je sais que ces 30 ans t'auraient quand même emporté. Comme le temps a passé Papa. Il y a eu la « chute du Mur » en novembre 1989. Ca tu en parlais et ça te tenait à cœur ! de l'autre côté du mur il y avait la sœur d'Eugène, Maria que tu ne voyais plus, la faute au mur !! On en est à 5 Présidents de la République, Mitterrand, Chirac, Sarkosy, Hollande et le petit cinquième, Macron.

On est passé au 21è Siècle. On a vu disparaître les « Francs », on parle, on compte, on paie en Euros. On discute désormais avec des amis dans le Monde entier grâce à Internet. On a tous des téléphones portables avec lesquels on s'écrit par phrases courtes, on prend des photos, on se laisse guider par GPS. On construit toujours de plus en plus haut, 828 m pour une Tour à Dubaï ! tu te rends compte. Il y a eu cet attentat du 11 septembre 2001 où 2 avions se sont scratchés sur les Tours Jumelles, tu sais celles où je suis montée en 88 ! 1998 quelque chose d'inoui, la France est devenue Champion du Monde en Foot ! On a enterré Johnny, puis récemment Yvette Horner : tu te souviens du Passage du Tour de France à Bièvres quand elle jouait de l'accordéon sur le toit d'une voiture ? On peut dire qu'on la vue hein !!

On parle de « réchauffement climatique » , la fonte de la banquise, les neiges du Kilimandjaro qui régressent, le Massif du Mont Blanc qui s'écroule. 30 ans de catastrophes naturelles, des tempêtes jamais vues jusqu'alors, des crues meurtrières, les sècheresses. Ils ont bétonné, déboisé, l'un empêche l'eau de s'infiltrer, l'autre ne retient pas les eaux qui débordent. Tu le savais toi qu'il ne fallait pas couper les haies, parce que les haies jouent un rôle important pour les crues. Le « Pur » derrière la maison à suffisamment sorti de son lit.

Les Hommes sont devenus fous, papa. Ils attaquent, ils tirent, ils tuent. Partout. Dans les concerts, sur les terrasses, dans les fêtes. On n'est tranquilles nulle part.

La science avance papa. L'objectif n'est plus la lune, mais Mars. On parle de médecine à distance, t'y crois ça ? Même plus besoins de te déplacer, il te suffira d'avoir un ordi !tu te rends compte qu' on fait des bébé in vitro, en dehors de l'utérus de la mère..et paf …. un bébé !!! c'est pas incroyable ça !. Si je te disais qu'on peut même faire de bébés toute seule !

Oui papa, la vie a bien changé, tout va vite, tout change. Tes enfants ont changé, ils ont vieilli, les reconnaitrais-tu ? Les années défilent. Il faut sans arrêt se mettre au goût du jour, aux nouvelles techniques, si on ne veux pas se laisser dépasser. Quoi que les jeunes sont plus doués que nous tu sais. Qu'en dis tu de ce petit film en accéléré ?

Pour la 30ème fois je te dis BONNE FETE.

FIN

Texte de Marina. Si vous avez aimé, n'oubliez pas votre petit commentaire. Merci.

 

 

 

Posté par anitamrn75 à 12:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26 octobre 2018

PETAOUCHNOK

 

 Combien de fois l'ais-je entendu ce mot : pétaouchnok ! il m'arrive même de le dire. Ca vous arrive aussi à Vous ? j'en suis sûre.

 

 

Pétaouchnok

 

 

« Maman c'est où Pétaouchnok ?

Punaise, c'est dur à dire et à la fois si drôle !

« oh !! dit elle en équarquillant les yeux et haussant les épaules,

Pétaouchnok, c'est loin, très loin, plus loin que tu n'imagines

plus loin que Babel Oued et plus loin même que Tatatouine,

c'est un endroit complètement perdu au milieu de l'Univers

un désert parmi tous les déserts bien au-délà des frontières.

 

Beaucoup brûlent d'envie d'y poser un jour leurs bagages

parce que dans leurs désirs les plus loufoques

ils rêvent d'aller à Pétaouchnok,

ils le savent, c'est une folie que ce voyage !

mais pour s'y rendre sache qu'il n'y a ni bus, ni train et ni charter

la route est inconnue des pilotes de lignes et des chemins de fer.

 

Personne jusqu'à ce jour n'a trouvé un seul itinéraire,

il n'éxiste pas de carte IGN et pas de carte routière,

aucun plan, aucune info aux syndicats d'initiatives

pas non plus d'adresse postale et pas de route à suivre.

 

Pétaouchnok c'est comme si tu allais au diable Vauvert

un trou perdu lui aussi au milieu de nulle part

un trou de cambrousse où l'on y n'arrive que si l'on se perd

mais, géographiquement c'est un lieu pas facile à voir.

 

Ma mère avait le regard perdu, je le voyais bien

je pressentais même que ça avait dû la titiller parfois

cette envie de tout plaquer et de s'tirer au loin

que ce soit à Pétaouchnok, à Tataouine ou même à Trifouillis-les-Oies !!

 

FIN

Texte de Marina. N'oubliez pas votre petit commentaire. Merci.

Posté par anitamrn75 à 11:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

14 mai 2018

DIS LUI

 Rien de va chez les ados. On en est tous conscients, et on a tous été concernés. Jamais contents, jamais gracieux, on ne les comprend pas, les profs sont relous, il leur faut très tôt leur portable. Bref, et si on parle de notre enfance, ils s'en foutent royalement.

 

Dis lui

 

 

Que quand tu étais enfant, y'avait pas de tablettes,

y' avait pas de portables munis d' oreillettes,

y avait pas de Google et pas d' Wikipédia

tes recherches : c'était le Dico et puis voilà !

 

Y avait pas de SMS, pas d'courriels, pas d' smiley

pas d'ordi, pas d' films en replay et pas plus en 3D,

y' avait qu' une seule petite télé qu'était en noir et blanc

que tu r'gardais le soir jusqu'à 20 h avec tes parents !

 

On lisait beaucoup …. bien plus qu'aujourd'hui,

Y avait les livres de la bibliothèque rose et verte

on connaissait l'histoire du Docteur Schweitzer

les Mémoires d'un âne et les Malheurs de Sophie !

 

On était des accros du «  Club des Cinq »

il y avait Annie, y'avait Claudine et ses cousins,

y' avait François et Mick et le chien Dagobert,

on a dû tous lire «  le club des cinq au bord de la mer ! »

 

Ah ! Au fait : on avait une ribambelle de copains,

pas des « virtuels » que tu trouves d'un simple clic

mais de bons p'tits potes, de chouettes loustics,

bien en chair, et quand tu en avais besoin

….........ils n'étaient jamais loin !

 

Par tous les temps on allait à pieds à l'école,

Hein ? Pourquoi ? parce que notre père n'avait pas d'bagnole !

on s'faisait des peurs bleues en passant devant le cimetière

en parlant d'fantômes, d'feux follets et aussi d'sorcières.

 

Y'avait une école pour filles et une école pour garçons,

une classe aux pupîtres doubles et bien cirés,

un grand tableau noir où l'on écrivait à la craie

et des encriers remplis d' une encre bleue qui sentait bon.

 

Y avait pas d'gel pour les mains désinfectant et sans alcool

c'était la savonnette pour la famille tous les matins,

mais en rang et en silence, sous le préau de l'école,

la Maîtresse vérifiait la propreté des oreilles et des mains.

 

On s'asseyait quand la Maîtresse nous disait de nous asseoir,

on apprenait l'instruction civique, la politesse, bonjour, merci, bonsoir,

on recevait une image contre 10 bons points

la punition la plus vexante était d'aller au « coin ».

 

Ton vélo, tu t'le récupérais souvent de ton frère

t'avais pas d'casque et pas non plus d'genouillères

 

on chantait :

si t'es tombé par terre,

c'est d'la faute à Voltaire,

le nez dans le ruisseau,

c'est la faute à Rousseau

 

mais tu coinçais un bon vieux bout d'carton

avec une pince à linge dans les rayons,

fallait voir le bruit d' pétoire que ça faisait, cré non de non !!

 

Il y avait une petite épicerie avec des bocaux de verre,

y'avait pas d'Nutella, pas d'M & Ms, pas d' Kinder

mais y 'avait des sucettes, des roudoudous, des berlingots

de caramels à 1 franc, et les petites boîtes de coco.

Quand l'épicière ouvrait pour nous l'un de ces bocaux

il aurait fallu voir briller nos yeux de mioches,

pour quelques pièces on en ramenait plein nos poches,

et on repartait comme une envolée de moineaux !

 

Qu'il faut qu'il arrête d'se plaindre s'il n'y a pas d'réseau,

s'il n'a pas l'iphone tout dernier modèle d'Apple,

si tous les profs sont relous et ont une sale gueule,

et qu'ça ira mieux dès qu'il quittera son armure d'ados.

 

FIN

texte de Marina. N'oubiez pas votre petit commentaire. Merci.

Posté par anitamrn75 à 10:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

28 avril 2018

LEUR HISTOIRE

Saviez-vous tout ce que vous allez lire, mon frère et ma soeur ?

 

À mon frère, à ma sœur.

 

TABOUS

 LEUR HISTOIRE

 

Enfant, j'ai vécu entourée d' une ribambelle de tabous,

…..........tout comme vous,

ceux-là même que l'on subit, que l'on évite, que l'on supporte

ils étaient là depuis toujours, nous suivant comme des toutous,

style tu les jettes par la fenêtre , ils reviennent par la porte,

Petits, nombreux, silencieux, filous, malins et sournois,

y avait EUX, y' avait NOUS, y avait MOI sous le même toit.

Ils avaient des noms comme « je t'aime » que les parents n'employaient pas

comme s' ils ne faisaient pas partie de leur vocabulaire

comme si, au poids de ces mots, le ciel allait s'mettre en colère

ou que satan lui-même, les menaçât du pire jusque dans l'au-delà !

Chez-nous, ILS ne faisaient pas partie de notre quotidien

comme les grandes effusions, les grandes embrassades et les gros câlins

bien sûr, il y avait les rituelles bises du matin et celles du soir

qu'on aurait sûrement voulues plus longues......... va savoir !!!

Et voilà qu'un jour on chope la puberté. « Est-ce une maladie maman ?

Mon corps saigne, mon corps change, tout est étrange là-d'dans maman,

Des p'tits papillons qui s'réveillent en moi, mes seins qui poussent,

J'ai rien vu v'nir …...je deviens femme et …. je suce encore mon pouce ».

Là encore je dirai que cet « évènement » fut un grand grand mystère,

tout juste un «  bein te voilà une femme, faudra faire attention aux garçons ! »

qu'allait-il m'arriver si je m'approchais trop près de l'un d'eux. Que faire ?

Verrait-il ce que je tais et que je cache écrit en gros là sur mon front ?

ILS seraient choqués aujourd'hui de voir les pubs de serviettes et de tampons,

que penseraient ils de ces femmes qui vous démontrent à une heure où l'on soupe

les superpouvoirs de Vania, Nana ou bien les tutos d'Always sur You tube

qui veulent vous faire gober tout cru que l'on brise enfin le tabou

mais qui vous parlent tourjours des règles d' une manière plus que chelou !

Là aussi, ce mot était chuchoté. C'était plutôt les « règles du silence » !

savez-vous qu'il y a là autour, encore un bon nombre de croyances,

si peu parlées aussi , qu'on aurait pu croire à des choses imaginaires

tirées d' histoires abracadabrantes à n'en plus savoir que faire !!

Le sexe on n'en parlait pas, c'était tabou jusqu'au bout du bout !

on ne parlait pas de « ces choses là » chez Nous,

« ces choses là » qu'est-ce que ça pouvait représenter à leurs yeux ?

ces « choses là » ! euh ! vous voyez…... voilà que je parle comme EUX.

À mes questions, j'avais le « bein tu vois bien ». Bein non ! j'voyais rien du tout !

s'ensuivaient des explications….. qui n'expliquaient rien du tout

bref, tant mieux si t'avais pas d'question, t'étais plus vite servie,

donc, on a tous les trois fait « sans » et ainsi a été la vie !!!

 

Quelques mots auraient suffit toutefois pour calmer ma phobie du noir,

où quand mes 12 ans rejetaient ce corps qui se métamorphosait

où quand mes 15 ans complexaient avec des bonnets « 90 B »

alors que les copines étaient plates comme des crêpes !! allez savoir !!

Un jour on parla (du bout des lèvres) «  pilule » à la maison

« ah ça » ! Diront-ils « il n'en n'est pas question ! »

tant que vous êtes sous notre toit, y aura pas de ça à la maison

et pis à votre âge, ça : il n'en n'est pas question !! »

le ça bien appuyé avec la tête : un ça qui voulait en dire long !!!

 

J'installerai la gêne, la pudeur et les complexes dans mon dictionnaire

ces mots que j'ai longtemps cru tabous, tous ces mots non-dits

je les ai endossés, apprivoisés, j'ai vécu avec, je les ai écoutés

je les ai appris, écrits, entendus, retenus, sans interdit

sans honte, sans problème, sans gêne et sans regret.

 

Maintenant , soyons honnêtes. Nous avons été heureux et protégés,

rien n'a manqué au plus loin que je me souvienne à la maison,

ils ne connaissaient pas Dolto et nous ne sommes pas devenus des petits cons,

seulement ils se sont trouvés dépassés entre leur éducation de passé puritain,

et la génération 1970 qui se voulait ELLE « la sexualité clés en mains ».

 

Ma mère était ce que j'appelle aujourd'hui une de ces femmes « d'autrefois »

qui ne connaissait de son corps que le strict minimum, soit presque rien,

qui se le couvrait pour ne pas que l'on entrevoit le blanc d'un sein

et qui criait au scandale quand Gréco chantait déshabillez-moi !

Sa pudeur elle la planquait sous une combinaison de nylon noir

souvent achetée par mon père qui lui offrait dans un paquet cadeau

je me souviens le voir revenir un jour avec un soutif de satin noir

il était pas peu fier l'papa, comme s'il avait soudain gagné l'gros lot !!

mon père, idem, on peut dire qu'il ne traînait jamais en sous-vêtement,

d'ailleurs, était-il adepte du caleçon ou du slip kangourou ?

la belle affaire ! c'était un bon slip français sûrement,

le bon slip étiqueté « made in france » bien de chez nous.

 

Bien sûr, qu'ils s'aimaient, mais sans toutefois l'afficher aux yeux de tous,

prudes l'un et l'autre, ils étaient tous les deux plus que discrets

bien sûr qu'il y avait aussi des baisers sur la bouche,

et qu'ils faisaient l'amour......... mais sûrement dans le noir le plus complet.

 

pour avoir eu l'essentiel et aussi le superflu, merci,

pour m'avoir payé une école privée, merci

pour nous avoir appris la politesse, merci

pour nous avoir appris le respect des Maîtres et des autres, merci

pour nous avoir appris la valeur de l'argent, merci

pour avoir fait le maximum pour nous élever, merci

pour vous être privés pour Nous, merci

pour avoir fait de Nous ce que nous sommes, merci.

 

 

ELLE,

 

Une mère qui rejette son enfant quand l'autre paraît !

voilà comment débuta l'histoire de notre mère

amputée de l'amour maternel au détriment de son frère

elle a porté sa blessure comme on porte un boulet.

 

Six longues années d'enfance loin de sa mère

elle grandit malgré tout, s'inventant une famille

d'un copain de pallier elle s'inventa un frère

partageant ses jeux d'enfant et jouant aux billes.

 

Dans une France occupée, elle ne manqua pas de courage

aurait-on eu Nous, la même audace qu'elle à son âge ?

Un jour de 14 juillet à la Caserne Junot

elle défia l'ennemi en portant la couleur de notre drapeau

jusque sur la table qu'elle décora de bluets, de marguerites et de coquelicots !

 

Peut-être revoyait-elle quand elle racontait cet anecdote

l'instant où les gradés entrèrent en uniformes et en bottes,

qu'ils s'arrêtèrent figés d'une surprise mêlée de colère

et que les regards se croisèrent certains avec des yeux révolvers

quelques minutes, juste quelques minutes, e les dés étaient jetés

s'était-elle attendu au pire ?? c'était l'aplomb de ses 20 ans à tout casser !!

 

Sa poisse aurait pû s'arrêter à la fin de cette guerre,

mais c'était sans compter sur notre grand-mère,

qui voulait la forcer à se marier contre son gré

c'était ça ou la porte …. à jamais !!

 

Elle claqua donc la porte et sans tompette ni tambour

travailla à l'usine, à la chaîne, jusqu'à ce qu'un jour

on lui présente quelqu'un qui revenait de la guerre

ce quelqu'un tu connais, il allait devenir notre père.

 

  LUI,

 

Il était de la campagne et n'avait pas fait les grandes écoles

avait appris par cœur « Après la bataille » de Victor Hugo

il pouvait en réciter les derniers vers et c'était pas de la gloriole

aussi fier de son certificat d'études que s'il eût décroché son « bachot ».

 

La guerre qui rôdait le prit un jour dans ses filets

alors qu'à 19 ans il venait de prendre femme,

mais la guerre est méchante et d'un coup vous rétame

même l' Homme gentil et doux qu'il était.

 

La guerre lui prit femme et aussi sa chère liberté,

5 années chez l'Ennemi, et 6 mois dans les mines,

pendant que partout autour de lui l'assassin assassine

il se débat LUI comme il peut pour ne pas flancher.

 

Lui qui avait connu la peur, la faim et la souffrance,

La vie lui sourit de nouveau quand il revint en France,

il n'avait plus rien, pas d'boulot, plus d'chez-lui, plus d'affaires

c'est à l'Usine qu'il rencontra CELLE qui devint notre mère.

 

La guerre, Lui, je l'ai toujours connu en rêver encore,

il disait avoir eu si peur de prendre une mauvaise balle,

y en a-t-il de bonne d'ailleurs ? J'en doute fort !

Ce qu'il en a gardé après des années lui faisait toujours aussi mal.

 

EUX,

 

 

parents

 

 

comment veux tu, comment crois tu qu'après toutes ces années volées

sans avoir connu d'amour au biberon ou d'avoir perdu confiance

ils aient des flux de mots d'amour qu'enfants nous aurions tant aimé ,

je ne leur en veux pas, je ne leur en veux plus maintenant.

oublie ce que tu n'as pas reçu et rappelle toi des bons moments

….. on en a eu !

 

C'était leur histoire. A nous de construire la nôtre,

et ne recopions pas les même erreurs envers les nôtres

ne soyons pas avare de ces mots, disons leur qu'on les aime

il n'est jamais trop tard et ce n'est pas sorcier de dire je t'aime !

 

FIN

Texte de Marina. N'oubliez pas de mettre votre commentaire. Merci

Posté par anitamrn75 à 14:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


02 mars 2018

UN VENT DE SIBERIE

Une vague de froid polaire s'est abattue sur la France. On parle de Moscou-Paris. Un vent glacial venu de Russie met le monde sans dessus dessous ! Montpellier est sous la neige, L'Herault est en alerte rouge, Saint Tropez s'est couvert de blanc, les plages sont enneigées, les palmiers ont les pieds dans la neige, bref, plus habitués à ces températives négatives.... on se gèle !

 

Vent de Sibérie

 

Un vent glacial venu tout droit de la Russie

s'abat sur la France. Les français ont froid.

Plutôt que nous envoyer cet air de Sibérie

il eût mieux valu qu'ils nous envoient de la Vodka !!

 

On se s'rait réchauffé en dansant yèèè ! comme des cosaques

en chantant à tue tête kali ka ka lin ka ka la

buvant jusqu'à plus soif d'la Smirnoff , ou d'la Beluga

et jeter son verre sur le sol.......paf... et patatrak !!!!

 

Non, en fait je rigole tout en regardant Météo France

qui nous bassine depuis des jours avec sa carte de vigilance

se souviennent-ils de février 1956 avec ses moins 20 voire moins 30

nous avons survécu malgré le gel sur les carreaux de la chambre.

 

Le Sud a un coup d'froid, c'est pas dans son habitude,

les gens du Var doivent la trouver bien rude,

mais côté positif, ils pourront partager ainsi sur le Net

leurs photos les plus inattendues et pittoresques !!

 

Bien sûr, les palmiers de Cavalaire se gèlent les fesses sous la neige,

bien sûr, les flocons tapissent la promenade des anglais,

bien sûr, on voudrait avoir recours à tous les sortilèges

mais la magie blanche c'est pas mal, sur les toits de Saint-Tropez !

 

Bien sûr on s'emmitouffle, on se vêt de mille pelures

les parkas et les doudounes sont de sortie,

les moufles, les bonnets et les bas de laine aussi,

on dira plus tard que février 2018 à été glacial et dur !

 

 FIN

 

 Texte de Marina. N'oubliez pas votre commentaire. Merci

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par anitamrn75 à 16:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

01 février 2018

REVE A MARRAKECH

 

 Ce n'est encore qu'un projet. Cadeau d'anniversaire. Une date à marquer.  Quelques jours à Marrakech. Il s'agit de bien mener ces jours. En attendant, j'en rêve. Et quand j'en reviendrai : promis vous aurez des photos.

REVE A MARRAKECH

 

L'idée d'un riad au cœur de la Médina

un rêve de mille et une nuits où je me vois déjà.

des fontaines cristallines dans un jardin intérieur

des sofas moelleux sous un oranger en fleurs,

C'est Marrakech !

Aller me perdre dans les souks et faire de la calèche

sentir des effluves de musc et de safran, de bois et de cuir

et marchander l'achat de paschminas de soie et de cachemir.

Aller sur Jemaa el-fna rien que pour l' atmosphère

dans la fumée des rotisseurs, et pour la soupe de fève

et attendre dans le brouhaha que le jour s'achève

puis …..... soudain

se laisser surprendre par le muezzin

qui chante tristement sa complainte séculaire.

Bien d'autres choses encore, peut être même le désert

dire bonjour au P'tit Prince s'il est encore là,

lui dessiner un mouton grand comme ça,

et découvrir la palmeraie ou des recoins berbères,

avancer au balancement d'un bon vieux domadaire

prendre notre ombre sur le sable en 2 ou 3 photos

...... vieux chameau !!

retourner m'imprégner de ce Jadin Majorelle

débordant de plantes exotiques et de bleu outremer

y plonger en apnée les yeux grands ouverts

déambuler d'allées en fontaines en se sentant pousser des ailes,

puis s'aventurer dans la roseraie jusqu'à la stèle,

d' Yves Saint Laurent.

Déguster un thé à la menthe, préparé dans tout son art

et laisser mes lèvres se coller à la mousse de ce nectar,

laisser mes papilles et mes narines s'énivrer de son parfum

écouter la musique qui tombe en ruban de thé marocain.

(Repenser à ce proverbe marocain qui dit :

le premier verre est doux comme la vie,

le second est fort comme l'amour

le troisième amer comme la mort.)

Je fouinerai ça et là, à user mes semelles dans la casbah

et chercherai dans ce méli mélo de tout et de rien

la lampe magique et merveilleuse d'Aladin

et ferai apparaître le bon génie.... pourquoi pas !!

et peut être, j'irai au Jardin Rouge, au milieu de nulle part

une oasis au pied de l'Atlas où fleurit le Sreet Art,

un refuge presque irréel, comme un paradis pour artistes

j'irai , oui, car comme eux, j'ai la plume et l'esprit fantaisiste.

 

FIN

Texte de Marina. N'oubliez pas votre petit commentaire. Merci.

28 janvier 2018

LA GARDE-BARRIERE

 c'est un métier souvent fait par les femmes. Les femmes de cheminots. Ma grand mère en faisait partie. Il fallait du courage. L'époque n'était pas tendre et les barrières étaient mécaniques. Mon grand père lui était cheminot. Dans les wagons il passait et poinçonnait les billets. C'était son boulot. Que le train alle ou pas dans les grandes villes, il ne connaissait d'elles que le nom. Rêvaient-ils l'un et l'autre d'un vrai voyage, assis avec les voyageurs ? 

 la maisonnette se trouvait face à la borne qui sépare le Jura de la Bourgogne. Le chien loup s'appelait vraiment Loulou.

LA GARDE BARRIERE

Ma grand-mère

qu'était garde barrière

actionnait sa barrière.

Été comme hiver.

Les trains allaient bon train

de gare en gare

des tortillards ;

elle rêvait d'en prendre un

direction Pampelune ou Bordeaux

mais restée à la croisée des chemins

au passage à niveau.

Quand l'train ralentissait à son niveau

elle faisait son sourire le plus beau,

elle saluait les gens aux fenêtres

qui répondaient d'un signe de la tête,

mais le train jamais ne s'arrête

devant la maisonnette !

Elle comptait les wagons

ma grand-mère,

comme compte ses moutons

la bergère.

Le grand-père Sylvain

bossait lui dans les trains,

il contrôlait les voyageurs

c'était lui l'poinçonneur !

Quand il prenait l'Paris-Vintimille

il était heureux comme un chef

et sous sa casquette SNCF

il avait l'pépé les yeux qui brillent.

Même le chien Loulou

qu'était un vieux chien-loup

quand passait l'Paris-Marseille

dressait droit les oreilles,

il aurait tant aimé l'pépère

…... aller voir la mer !

Mais le train jamais ne s'arrête

devant la maisonnette.

Ils rêvaient tous les trois j'imagine

que s'arrête un jour une Micheline

ils s'en iraient vaille que vaille

dans ce bon vieil autorail.

Ils regarderaient par la fenêtre

les rails bouffer les kilomètres,

il n'y aurai là rien de plus beau,...

… pour ces ch'minots !

Des trains ? elle n'entendait

que le tchou !.. tchou !....

pendant qu'lui faisait

ses p'tits trous.

FIN

Texte de Marina. Merci pour votre commentaire.

26 janvier 2018

PASSE LE TEMPS, PASSE

c'est vrai que le temps passe vite. Incroyablement vite. Il est loin le temps où nous jouions à la campagne, loin le temps où nous querellions. 

 

 

À mon frère, à ma soeur

PASSE LE TEMPS, PASSE

 

Oh ! Que le temps passe vite mon frère,

je crois qu'hier je tétais encore ma mère,

j'ai pris ta place au creux de son giron

quand tu n'étais qu'un tout petit garçon,

 

Passe le temps...... puis les années

un jour nous dûmes partager nos jeux

la cigogne chez nous était passée

déposer un paquet volumineux.

 

De premier né tu devins donc l'aîné

de deux sœurs toujours derrière des trousses

on n'a guère vu passer les années

on a poussé va comme j'te pousse !!

 

dépêchons-nous mon frère, ma sœur,

le temps nous presse

on ne peut dire d'ailleurs

le temps qu'il reste !!

 

passe le temps et l'eau sous les ponts,

et …....juste un instant,

redevenons les enfants que nous étions

avant !

 

Avant quoi ? juste un peu plus tôt,

quand l'innocense nous habitait

on l'a maintenant dans l' dos

il court il court le furet !!!

 

Au fil des ans sur nos visages,

le temps trace des sillages,

c'est là que l'on voit hélas !

que le temps passe.

 

FIN

Texte de Marina. N'oubliez pas votre commentaire. Merci.

 

 

 

 

 

 

 

Posté par anitamrn75 à 15:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 janvier 2018

CHRIST 'AILES

 

vous ne savez peut-être pas ce qu'est vivre en fauteuil. Tout est très difficile. Une sortie, un voyage, le train, tout cela devient une vraie expédition. Un combat de tous les jours pour les sorties de tous les jours, contourner un obstacle sur un trottoir, aller dans les magasins où l'accès n'est pas prévu pour un fauteuil. On pourrait en dire plus encore, mais ce n'est pas le but de mon texte d'aujourd'hui.

Aujourd'hui, je veux seulement vous faire lire ce texte. 

 

CHRIST' AILES

 

Elle rêve de voyages, partir loin comme elle dit,

elle rêve des rêves longs,si longs, à n'en pas finir,

parfois elle regarde dans le ciel un avion et le suit

un jour ou l'autre elle finira bien par partir !

ELLE est clouée dans son fauteuil custom made in « chouchou»

alors, quitte à me briser les os, je la porterai sur mon dos,

elle est si légère, un poids plume que j'lui dis, un p'tit moineau !

Un p'tit oiseau frèle qui se pend à mon cou.

« Crist', on se prépare, j'ai bouclé les valises,

j' t'emmène à Venise, aahhh Venise, sa Tour de Pise,

et on prendra un p'tit frizzante au pied du Rialto »,

« Faute de jambes, l'amour ça donne des ailes » qu'elle dit !

  on pourait aller plus loin en prenant l'vaporetto ?

Ooohh ! Regarde les Palais, là, c'est le « Daniéli  !

et si t'as pas encore trop mal aux épaules,

mènes moi veux-tu aux canaux faire un tour de gondole,

j'aime les clapotis de l'eau sur les flancs du bateau

j'aime les sérénades des gondoliers : « ti amo, redis-moi ti amo » ;

Et puis fais moi grimper en haut du Campanile, juste pour voir

peut être que d'en haut je pourrai m'envoler plus loin,

chevaucher les chevaux de la Basilique Saint Marc

et pour les verres de Murano.... on verra ça demain ».

Dans mes bras elle voyage dix fois mieux que personne,

après Venise et ses canaux, je l'emmenerai à Vérone

ELLE, ce n'est pas Juliette mais je suis son Roméo

capable de l'emmener partout de par le monde sur mon dos.

 

FIN

Voilà, tout est dit. N'oubliez pas votre commentaire. Merci.

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par anitamrn75 à 19:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,