Il a neigé cette nuit 

La neige est tombée cette nuit, doucement et sans bruit,

En de timides flocons blancs qui forment un doux tapis,

Pas un pas, pas une trace sur cette blancheur immaculée

On dirait voir ici, un long voile de mariée.

Le pommier,  lourd de ses fruits en pleine saison

S’est habillé aujourd’hui de givre et de flocons.

Le vieil abreuvoir, qui d’habitude est plein d’une eau bien claire,

Ressemble quant à lui, à un énorme gâteau à la crème fouettée

Et malgré le froid de ce jour, malgré le temps, malgré l’hiver,

On aimerait y tremper les doigts et  venir le goûter,

Un héron cendré que la faim en ces lieux tenaille,

Se pose délicatement sur cette couverture d’hermine

Alentour, l’endroit, avant si riche en poissonnaille,

N’est plus que patinoire, et la rivière aussi gelée qu’une verrine !

Trouvant l’endroit peu accueillant, tant sa faim le mine,

Dans cette nature cotonneuse ainsi que la ouatine,

Un simple rongeur, pour sûr, aurait bien fait l’affaire !

De notre échassier, qui repart avec un cri « haut perché »

 Se nicher tout là haut, dans les arbres près de la rivière,

Tout en laissant dans la neige des empreintes étoilées.

Un chien noir aux longs poils, qui jusque là était tenu en laisse,

Court s’ébattre dans cet épais tapis blanc et poudreux

S’enfonce jusqu’aux flancs, s’élance et se redresse,

Court  et saute comme un fou, excité par ce jeu,

Revient près de mon maître, frétillant de la queue ;

Quand il aura bien joué, il rentrera à la maison,

Sécher ses longs poils noirs d’où pendent quelques glaçons,

Laissera sur le carrelage l’empreinte de ses coussinets mouillés

Que l’on suivra à la trace, pas à pas,  jusqu’à la cheminée,

Et se couchera près du bon feu, dans le coin du salon.

La neige est partie doucement et le redoux s’installe,

Le pré n’est plus tout à fait blanc, et l’herbe refait surface

En quelques touffes par ci, quelques taches par intervalle ;

La rivière près du moulin, dégèle et coule abondamment

Faisant des bonds sur les cailloux pour s’enfuir en cascadant,

Libre de courir  sans sentir sur elle cette couverture de glace.

La neige s’est retirée, laissant quelques traces blanches,

Le pommier a secoué cette poudreuse pour découvrir ses branches,

Le chien retournera courir sans être tenu en laisse,

La vie reprend son rythme, il faut que je vous laisse.

Texte de Marina. N'hésitez pas à mettre votre commentaire, en bas à gauche du texte. Merci