Le vent à fleur de peau

 Je vous parle de lui, comme de mille caresses,

Et de frissons furtifs, qu’en passant il me laisse,

Quand il s’aventure bien au-delà des interdits

Dans les courbes et replis de mes formes arrondies.

Lorsqu’Il  va flirtant dans le creux de mon dos,

J’en aime par dessus tout, sa douceur sensuelle,

Celle où il n’est nul besoin d’ajouter les mots,

J’aime sentir son souffle à fleur de peau !

Souvent, et il sait que cela m’agace,

Il se court et se faufile dans mes cheveux,

Faisant s’envoler une mèche sur mes yeux,

Que bien vite de mes doigts, je replace,

Sachant qu’il se risquera encore à quelqu’ audace.

Lorsque parfois Il vient me surprendre,

C’est pour me raconter à l’oreille,

Les dernières frasques de Dame Corneille,

Qui craille à qui veut l’entendre,

Que son corbeau de mari a quitté le nid

Pour la croqueuse de diam’s qu’est Dame Pie !

Je sais par lui tous les ragots, les on-dit, les p’tits potins,

Tous les murmures, les messes basses et les mots d’amour,

Ceux de derrière les volets clos, du pur bonheur du jour,

Ceux aussi dits la veille au soir et qui s’envolent au petit matin.

Le vent, lui, les avale tout de go,

Pour lui, ce ne sont bien souvent, que des mots,

Qu’il me susurrera prochainement à l’oreille,

Dans un souffle chaud, comme le feu du soleil.

Texte de Marina. N'oubliez pas de mettre votre commentaire, en bas à gauche du texte. Merci