Dites moi que je ne rêve pas, c’est jour de lessive ?  

On n’était plus au temps du lavoir. Quoi que j'ai connu et me rappelle y avoir accompagné ma mère. Ce n'était pas encore le temps de la machine à laver le linge. La lessive se faisait dans une lessiveuse. Cette même petite lessiveuse à laquelle j'avais dédié un texte, avec photos,  dans mon blog. Cela ressemblait à un stérilisateur à bocaux avec  à  l’intérieur un gros champignon, genre de pied creux se terminant par un chapeau à trous. Ma mère plaçait son linge en le tournant autour de ce champignon, le plus délicat au dessus. Puis posait la lessiveuse sur le poële la remplissait d'eau et mettait la lessive. L’eau en bouillant passait dans le pied du champignon et ressortait par les trous du chapeau. Ca bouillait longtemps et ça sentait bon la lessive. Cette odeur, je ne l'ai jamais retrouvée. L'essorage se faisait manuellement bien sur. Pour les draps, on prenait chacun les extrémités et on tournait à contre sens, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une seule goutte d’eau qui tombe.

Le pliage des draps secs se faisait de la même manière. Chacun  prenait les 2 extrémités de la largeur et on le pliait en tirant bien pour le défroisser. Quelquefois, il y en avait un qui tirait sans prévenir et l’autre lâchait le tout, alors on recommençait. 

La machine à laver : ma mère n’en n’a jamais eu. Bien sur, plus tard,  elle n’avait plus recours à ces engins que les nouvelles gazinières n’auraient pu en supporter le poids avec l’eau et le linge, mais elle avait trouvé des sociétés spécialisées qui lavaient et repassaient les draps. Elles passaient chercher le linge et le rapportait quelques jours après. C’était un gros travail en moins, car longtemps elle a gardé les draps métis fleur bleue, épais, durs, raides, rugueux, mais solides. Mouillés ils devaient peser au moins …..  Une tonne !! Non, j'exagère, pas tout à fait la tonne !!!!

Ces draps étaient ourlés à la main et brodés de ses initiales. Ils faisaient partie de son « trousseau ». Chaque fille avait droit à un « trousseau ». Commencé souvent depuis son plus jeune âge, ce «  trousseau » représentait tout le linge qu’une fille devait apporter à son mariage. Il en était ainsi.  Souvent même, la fille brodait elle-même tout son linge.  Ma grand-mère a dû commencer le mien, je devais avoir environ 10 ans. Ma première paire de draps. Je me rappelle ce cadeau avec horreur. Je crois que j’en aurais pleuré. Et pourtant, elle avait dû mettre du temps pour le faire, car le drap était brodé de mes initiales et ajouré merveilleusement bien. Et les « jours » permettez que je le dise, ce n’est pas facile à faire. J’ai essayé, mais franchement, ça n’a pas été une réussite. On apprenait souvent ce petit "travail" de ménagère à l'école. On nous apprenais également le point de croix , le point de chaînette, le point de tige, de chausson.  On a toutes eu droit à des canevas pour y faire l'alphabet au point de croix.

Texte de Marina, d'après ses Souvenirs d'enfance.

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