Dans la suite des "Souvenirs d'enfance", voici :

La colo

À l’âge de 7 ou 8 ans, mes parents pensèrent me faire du bien en me faisant partir un mois en colonie de vacances. Ils m’inscrivirent donc  auprès des "sœurs du Port " d'Auxonne.  Direction Lure , en Haute Saône ; je suis sure qu’ils ont dû se priver pour que je parte. Les parents croient toujours que la colo va faire du bien, tu parles !!  Ma mère avait passé du temps à coudre les étiquettes avec mon nom sur chaque petit vêtement, et même les socquettes. Le tout bien rangé dans une petite valise en carton et hop ! on m’a mise dans le car  avec les autres. La séparation a été dure . Mais, je n' étais pas la seule dans le car à regarder tristement de l'autre côté des vitres. Dur, de voir s'éloigner les parents, jusqu'à ne plus les voir. On sent les yeux qui se voilent. Non, il ne faut pas pleurer. Non, je ne pleurerai pas. Qu'est ce qui est le plus dur ? pleurer ou se retenir ? Le trajet me parut long, interminable. J'avais mal au ventre, j'avais mal au coeur, j'étais triste. On arrive enfin devant une grande bâtisse. La vie en colo se fera là dedans. C'est donc ça la colo ? On nous mena d'abord dans le dortoir pour déposer les petites valises et ranger les affaires dans les armoires de chaque côté des lits. Puis, on nous montra  le réfectoire, qui était la salle où l'on devait dorénavant prendre nos repas. Petite chanson  avant les repas ...

Oh là là qu'j'ai faim, chef, oh là là qu'jai faim

Oh là là qu'jai faim, chef, oh là là qu'jai faim

l'heure à sonné, chef, du déjeuner,

bon appétit chef, bon appétit.

Enfin, on nous montra les "douches", et ...... l'infirmerie. Cette même infirmerie où je ferai de nombreux stages. J'étais une habituée de l'infirmerie. J'avais de la fièvre tous les jours, j'avais mal au coeur tous les jours. Il faut dire que faire la "ronde" me chavirait un peu le coeur, il aurait suffit que je n'y fasse pas, mais, de cela pas question. Et ils avaient pensé me "faire du bien" ?

J’avais  le "temps duré" comme a dit le médecin par la suite à mes parents, que j'avais inquiété. Ce n'était pas une maladie, mais, il n'y avait rien à faire.  

ALLO maman bobo ! J’ai plus connu l’infirmerie que les sorties. Le jour de la sortie au Ballon d'Alsace, v'lan ! infirmerie !!

Il y avait le jour "courrier". La lettre aux parents. Ah ! j'aurais bien aimé leur dire de venir me chercher, leur dire que rien ne me plaisait, que je détestais les douches, que je n'arrivais pas à dormir dans le dortoir tant que la cheftaine ne venait pas se coucher, leur dire aussi que je n'aimais pas faire "la ronde",

Pourtant, on nous faisait faire pourtant beaucoup de choses, des ballades, des travaux manuels et  entre autre, une danse sur une musique irlandaise,  pour la fête qui devait avoir lieu en milieu du mois, jour de visite des parents. Oh ! Que je l’attendais ce jour là ; Et il est arrivé. Et avec lui mes parents. Tout le temps de notre danse, je ne les quittais pas des yeux ; je crois que s’ils s’étaient éloignés, je me serais sauvée les rejoindre.  

Ce jour-là a été mémorable, pour moi, mais, pour eux aussi. J’ai tellement hurlé, pleuré, piétiné, ne voulant plus les quitter qu’ils m’ont ramenée avec eux. J'ai su par la suite que j'avais "donné" la rougeole à toute la "chambrée", y compris la cheftaine. 

"Les jolies colonies de vacances ......."  Tu parles ......... !!! à d'autres ...