Ce nom de « croque-mort » n’est plus d’actualité à présent. On dirait aujourd’hui que mon grand père est un Agent des Pompes Funèbres.

 

Le croque-mort

Il en avait fait son métier, parce qu’il n’avait rien trouvé de mieux,

Pour augmenter sa pension de retraité des « Chemins de Fer »,

Après avoir emmenés tant de gens, de lieux en chefs-lieux,

Il les accompagnait désormais jusqu’au vieux cimetière.

Il prenait son nouveau rôle toujours très au sérieux,

Suivant de près Monsieur l’curé et ses enfants de chœur,

Marchant derrière le corbillard, et la famille en pleurs,

Lui qui pourtant ne croyait guère au Bon Dieu !

Il suivait dans son costume trois pièces noir et étriqué,

Lustré et élimé par le temps et les années,

Ce petit complet sombre et léger en demi-mesure,

Qui le faisait ressembler à un oiseau de mauvaise augure.

Il lui arrivait parfois des situations peu banales,

Comme cette histoire qu’il aimait à nous raconter,

Où il manquât d’eau bénite au moment crucial,

Et remplit alors le goupillon d’eau du robinet.

On se plaisait à l’écouter raconter ses dires,

La mort ne nous effrayait pas « proprement dite »,

Il savait au contraire comment nous en faire rire,

Son talent faisait de Lui, un conteur émérite.

Lui, ce croque-mort qui faisait des mises en bière,

Côtoyant les cercueils, comme il l’eût fait de choses ordinaires,

Se riant de la « Faucheuse » qu’il croisait auprès de chaque défunt,

Ce petit homme de noir vêtu, ce corbeau, ce croque-mort peu commun,

Et bien, pour tout vous dire, il était mon grand-père.

FIN

Texte de Marina. N'oubliez pas votre commentaire. Merci.