Pourquoi un odeur nous rappelle-t-elle un visage, un endroit, une scène de la vie ?

 

Odeurs du temps

L’odeur de l’enfance était dans les armoires,

Derrière les portes de bois reniflant la cire d’abeille,

Où se mêlaient sur les rayons lainages et moires,

Je respirais la naphtaline le nez enfoui dans les dentelles.

L’odeur de ma jeunesse m’est désormais si  lointaine,

Qu’elle me semble aujourd’hui presque une inconnue,

Les feuilles des charmes et la mousse des bois,

Celle qui accueille sur sa couche, la biche aux abois,

Ne se souviennent plus

Cela j’en suis certaine,

De mes jambes blanches et nues,

Sous ma jupe de laine.

L’odeur qui rappelle les champs de blés murs,

Etait je pense celle de l’âge mûr ;

Elle arriva quant à elle de façon si soudaine,

Qu’il me faudrait cent ans pour la revivre encore,

Quand l’ais-je commencé ? Etait-ce à dix huit ans, ou à la vingtaine ?

Je ne sais plus, mais j’aimerais parfois y être encore.

C’était une odeur de fleur que l’on cueille à pleines dents,

Non pas cette fleur exquise de Baudelaire,

Mais une odeur d’interdit, comme elle est à vingt ans,

Une note de tête sensuelle et légère.

Vinrent ensuite des notes de caractère,

Mélange de l’amante et celles de la mère,

Où reste encore en soi cette odeur étrange,

Des brassières de laine et des langes.

Puis arrive un jour l’odeur de la femme et non l’eau bénite,

Celle de tous âges, qu’ange ou démon habite,

Une odeur douce amère qui fait partie du temps,

Ce sont toutes ces odeurs qu’en moi je ressens.

FIN

Texte de Marina. Avez-vous gardé des odeurs de votre enfance? N'oubliez pas de mettre votre commentaire. Merci