Pour tout vous dire, j'aime le vent. L'entendre, le sentir, sur moi, dans mes cheveux. Alors, je l'imagine allant ainsi d'une tête à l'autre. Bien sur qu'ils l'ont senti sur Eux, que ce soit Christophe Colomb, que ce soit le Grand Vicking, et même cette pauvre Marie Antoinette.

 

Raconte moi le vent

Laisse le vent dans tes cheveux, s’il te décoiffe et s’il se perd,

Laisse-le petite fille ébouriffer ta tête blonde,

Il amène avec lui tous les chants de l’Univers,

Il te raconte des histoires vieilles comme le Monde.

Moi-même je l’ai surpris dans les cheveux d’une gitane,

Il s’était pris un soir dans une corde de guitare

Elle dansa toute la nuit  sur des musiques tziganes,

Et disparut dans une volute  se noyant dans le brouillard.

Je l’ai vu voler dans les cheveux d’un ange,

Les cheveux étaient de soie et tombaient en une frange

Où il lui fut aisé avec son souffle léger,

De s’y faire une place et de s’y arrêter.

Il pensait s’y endormir mais notre ange secoua la tête,

Il perdit pied soudain, glissant sur une autre planète,

Se retrouva ainsi gisant sur le crâne nu d’un martien,

Mais, d’un bond, un seul et dans un effort surhumain,

Il s’élança sur la Terre, écumant les régions, les provinces,

Et se retrouva dans les cheveux en bataille du Petit Prince.

Puis, de Palos il embarqua un beau jour sur une grande Caravelle,

S’abritant sous le chapeau d’un certain Christophe  Colomb,

Qui avait découvert que bien au-delà de l’horizon,

Il existait un Nouveau Monde avec toujours le même soleil.

Il s’installa  ensuite dans la tignasse rousse d’un grand Viking

L’endroit était parfait, le Drakkar parcourait les Océans

Mais au grand large soudain il devint si puissant

Qu’il  fit échouer le bateau sur un banc de sardines.

Un jour d’Octobre mille sept cent quatre vingt treize,

Il se nicha dans une perruque rehaussée de blanches anglaises,

La journée du seize fut fatale pour ce joli port de tête,

Il roula avec, tombant ainsi aux pieds de Marie-Antoinette.

Un jour aussi, je dois vous dire, sur un  banc à Bryan Park

Là-bas, on le nommait tout simplement blizzard,

Lui vint alors une idée  des plus bizarres,

Il souffla avec tant de force sur ma tête,

Qu’il fit s’envoler au loin ma casquette,

Qui atterrit quel désespoir, dans le Réservoir à Central Park !

Un cygne  passant par là, l’envoya oh ! Merveille,

Sur la tête blonde d’Alice aux Pays des Merveilles…

Il y resta longtemps, peut être y est-il encore ?

Et découvre-t-il avec elle sa multitude de personnages retors.

Le vent je sais,  peut se nicher partout où il passe,

Et s’il glisse ses doigts dans mes cheveux demain,

Je ne dirai pas non et resterai sur son chemin,

Même si ce ne sont bien sûr que des instants fugaces.

FIN

Texte de Marina. N'oubliez pas votre commentaire . Merci.