Aujourd'hui j'avais envie d'écrire cette histoire de "côte de bette", la grande Bette ! Bernard Coffe parle aux légumes, eh bien moi j'écris. Parler d'un légume me direz-vous, mais Où a-t-elle la tête Marina ? Un jour pourquoi ne parlerais-je pas d'une "patate", ou même d'une salade ?

LA GRANDE BETTE

 la grande bette

 De la grande « Bette » du jardin, on ne voyait que les côtes,

elle était si l'on peut dire mince comme un haricot vert,

ne pesait pas plus lourd qu'une poignée de petits pois ;

les mains sur les hanches, toisant une pomme de terre,

elle lui dit tout de go qu'elle lui préférait la grande carotte,

bref : « Bette » dans ses paroles n'était pas très sympa !

Elle vivait dans un de ces jardins potagers au bord de l'Ouche

était bien traitée, bichonnée, arrosée chaque soir d'une douche,

se baissait pour mieux recevoir l'eau sur ses larges manches,

pour ensuite la laisser glisser sur son corps et sur ses hanches.

Son corps se flétrissait sous le soleil et réclamait

de l'eau, encore de l'eau, sans cesse de l'eau au jardinier ,

qui arrivait piétinant la terre de ses grosses bottes,

et s'essuyait les mains terreuses dans sa grande cotte.

Je l'ai vue ce matin plus pâle que d'habitude,

qu'as-tu lui demandais-je en voyant son attitude,

« quelques unes de mes soeurs ont déserté le jardin,

j'ai bien peur que ce soit mon tour demain » !

Ne sachant que répondre, je baissai la tête et regardai mes pieds,

comment lui dire que ses soeurs étaient chez moi découpées en tronçons,

alors qu'en me fixant, son long corps blanc était secoué de frissons.

Elle finira surement en gratin la grande Bette,

pensait-elle qu'un jour on la retrouverait en recette sur le Net ?

FIN

Texte de Marina. N'oubliez pas votre commentaire.