ELLE AIMAIT LA MUSIQUE. ELLE AIMAIT BACH. ECOUTEZ EN LISANT ET VOUS AUREZ L'IMPRESSION DE VISITER L'EXPOSITION.

 

Mercredi 30 septembre 2015. Je suis encore troublée par l'exposition de Charlotte Salomon. Depuis lundi, j'y pense, à ce qu'elle a fait et ce qu'elle aurait pu faire. Ses peintures retracent tous les épisodes de sa vie. Sa brève vie puisqu' elle a été emmenée au camp d'Auschwitz et gazée le lendemain de son arrivée, à l'âge de 26 ans, alors qu'elle était enceinte. 


Connaissez-vous Charlotte Salomon ? Oui ? Non ? Peut-être ?

 

Moi, la curiosité m'avait déjà « interpellé » après que David Foenkinos ait sorti son roman « Charlotte ». J'avais voulu VOIR. J'ai VU. Puis, j'ai recherché OU il pouvait bien y avoir des expos sur son Oeuvre. Rare.

Et puis, j'ai oublié. En septembre en revenant de Vintimille, une banderolle publicitaire attire mon regard.Exposition Charlotte Salomon à Villefranche-sur-Mer. Elle se terminant le 30 septembre 2015.

Lundi 28 septembre, lever tôt pour se rendre à Villefranche. L'expo se trouvait être à la Chapelle de la citadelle.

La circulation était dense. Puis il a fallu trouver l'endroit. Se garer. Grimper.

Enfin nous y voilà. La chapelle Saint Elme se trouve au cœur de la Citadelle.

Un panneau avec le portrait de Charlotte sert de séparation entre l'extérieur et l'intérieur de la chapelle. Je l'écarte pour entrer. J'entre. Je me sens projetée dans un endroit où règne un silence d'église. Pas un mot. Deux personnes regardent une télé. Interwiev de parents, descendants du Docteur Moridis, amie. D'autres regardent religieusement chaque peinture. Un homme regarde lui sur un écran un film qui retrace la vie de l'artiste. On entendrait presque respirer. On sent l'émotion.

Pour voir les peintures il faut suivre les flèches. Son Oeuvre : en totalité 1300 gouaches. (elle n'en terminera environ que 800). Nous n'en verrons qu'une partie.VIE ? Ou THEATRE ? Tel est le titre de toute cette Oeuvre. Juste une partie de sa vie en peintures. Des couleurs réalisées à partir des 3 seules couleurs primaires : bleu, rouge et jaune. Une vraie mise en scène. Elle y a mis des textes ainsi que des musiques que j'écoute grâce à des écouteurs suspendus sous les toiles. SA VIE. Quelle vie. Elle y peint là, ses parents, leur mariage, sa naissance, la mort de sa mère, le remariage de son père avec une cantatrice qu'elle idôlatrera. Puis en 1939 son arrivée à Villefranche-sur-Mer où elle se réfugiera à l'Ermitage qui surplombe la rade, un endroit qui la bouleversera par sa beauté. « que c'est beau ! » dit-elle. Puis aussi son amour avec Alexander. Puis d'autres peintures, plus « noires » celles-ci , plus tristes aussi. LA GUERRE. Il ne faisait pas bon s'appeller SALOMON ou être juif à cette époque. Cette vie qu'elle aura peint, peut être pour ne pas devenir folle, que je suis pas à pas, de peinture en peinture, de texte en texte, …. et ces musiques !!!! C'est ELLE qui les a choisies, pour souligner chaque épisode de sa vie.

Le film. Bien sur que je l'ai vu. Enfance. Parents. Peintures. Alexander. La guerre. La FIN ! Merde. 26 ans. Tout juste 26 ans et enceinte. Elle serait surement devenue une grande artiste, sans ce foutu 24 septembre 1943 où la Gestapo à débarqué à l'Ermitage.

 Elle s'était sentie menacée quelque temps avant et avait confié son Oeuvre au Docteur Moridis, en lui disant ceci « je vous en prie, prenez-en soin.... c'est toute ma vie ».

Cette vie, racontée un peu comme un scnérario est bouleversante. On n'arrive pas à se détacher des murs où sont placées les peintures. La chapelle n'est pourtant pas bien grande. Je n'ai pas compté,mais il y en avait peut être 50, 60, je ne sais plus. J'en aurais voulu plus encore. Je n'étais pas prête du tout à partir. Puis, tout à coup, de l'animation. Un groupe d'enfants accompagnés par leur instit' entrent et tout à coup brisent le silence. On aurait dit une envolée de moineaux. Au début, cela m'a un peu choquée, j'aurais voulu leur dire de « respecter » ce lieu. Chacun des enfants avait un cahier et des crayons. Alors, s'installant un peu partout, assis, à plat ventre par terre, ils ont ouvert leur cahier, sorti les crayons et commencé à dessiner. Certains recherchaient la perfection comme la fillette qui avait une grosse fleur dans les cheveux. Elle dessinait la première peinture à l'entrée de la porte. Charlotte, sa mère et son père. Elle dessinait bien. Je lui ai dit. Puis, à regret, je suis sortie. Oh pas longtemps, car l'envie d'y retourner pour essayer de voir progresser le dessin m'a fait y retourner moins de 10 minutes après.

C'est je crois la première Exposition qui m'aura laissée « vide », tremblante, troublée, émue. La première exposition qui ne m'aura pas laissée indemne. J'ai l'impression d'avoir récupéré toutes les ondes négatives.

Ses Oeuvres ont été exposées aux Etats Unis, au Japon, en Norvège, à Paris et on peut la voir au Musée Juif d'Amsterdam.

Charlotte. Même sur l'affiche tes yeux sont tristes. Mais tu as su tirer de cette souffrance de vrais chef-d'oeuvres. Tu as su l'exorciser.

As-tu ai moins été heureuse ? assez longtemps je veux dire. Villefranche, tu aimais cet endroit. Je ne sais pas si l'Ermitage existe encore, mais j'y ai vu la Citadelle, j'ai marché sur le bord de mer comme tu as dû le faire toi aussi. Tes yeux ont-ils comme les miens, suivi un temps les mouettes qui fendent le ciel bleu de septembre. Ont-ils regardé aussi les bâteaux, où bien se sont ils perdus dans les couleurs transparentes de la Mer. Dis moi aussi, connaissais-tu cette jolie petite chapelle de couleur ocre près du petit port ? Je peux te dire qu'aujourd'hui c'est un vrai petit bijou. Tu serais émerveillée toi aussi d'y voir des fresques à la craie, aux couleurs douces. La chapelle fut repeinte entièrement par Cocteau et ses disciples. Les fresques y représentent les passages de la vie de Saint Pierre, ainsi que les hommages aux Saintes Marie de la Mer et aux Demoiselles de Villefranche. Deux chandeliers de l'Apocalypse encadrent la porte d'entrée en trompe l'oeil. Oui tu aurais aimé ces dessins. Les yeux de chaque personnage sont des poissons. On y voit Saint Pierre sur l'eau, soutenu par un ange, sous les yeux rieurs de Jésus. Et cette petite gitane qui danse le flamenco ! Quelle douceur dans les couleurs.

La Citadelle, y allais-tu ? Ton œuvre, ta vie y est en ce moment, dans cette petite chapelle Saint Elme. Chacune de tes peintures est sous verre. Tu vois, ils prennent soin de don œuvre, ainsi que tu le voulais. Ah ! Si tu avais pu voir cette fillette essayer de reproduire la peinture où tu es avec tes parents. Comme elle s'appliquait. Elle cherchait la perfection. On le voyait à son coup de crayon. Elle a commencé, pour le père, à dessiner les contours du manteau. Peut-être une future artiste.

Les gens, comme moi, voient évoluer les époques de ta vie. Cette vie courte, fauchée qu'elle a été ! Et toi. Qu'elle imagination tu a eue. Tes mains. Quel talent elles ont eu ces mains. LES GENS. Moi je les ai vu muets. Recueillis. Passant d'une peinture à l'autre, s'attardant pour en chercher les détails, et ensuite, baisser les yeux pour lire le texte qui l'accompagnait. Ont-ils comme moi ressenti cette tristesse aux dernières peintures, au mot FIN du film de ta vie. Aaahhh ! Si tu étais seulement tu ne t'étais pas trouvée à l'Ermitage !si vous étiez restés à Nice. Le destin aurait été tout autre. Tu te serais installée, peut-être à Villefranche ou bien à Saint-Jean-Cap-Ferrat où tu allais souvent. Tu aurais mis au monde cet enfant que tu attendais. Fille ? Garçon ? Il aurait pris naissance sous tes doigts, dans des couleurs vives surement. Il aurait couru sur la plage et tu l'aurait peint les pieds dans le sable. Il aurait grandit dans tes peintures. Dis moi Charlotte, as-tu entendu le camion de la Gestapo quand il est arrivé devant la grille ? As-tu entendu le bruit des bottes sur les graviers ?

Mais dis donc Charlotte, je revis encore ta vie aujourd'hui. Tu m'as « habitée »tout le temps de l'exposition et là, je parle, je parle, de qui ? De toi ! Tu aurais quel âge aujourd'hui ? 98 ans ! Oui c'est bien ça puisque tu es née en 1917. Serais-tu encore hantée par tes « fantômes » ou alors serais-tu devenue une de ces bourgeoises dans une belle maison surplombant la mer. Tes doigts, comment seraient-ils ? Et tes mains seraient elles tremblantes peut-être. Pas sur ! Tes mains seraient restées les même . Qu'auraient-elles peint en plus toutes ces années ? 1300 gouaches en deux années, multiplions par …. non, c'est impensable. C'est impossible. Aucune salle ne pourrait contenir tout ça.

Je ne sais pas si tu le sais, mais, les autorités ont mis une plaque commémorative rue de l'Ermitage et une aussi où tu aimais te rendre à l'Hôtel Villa du Cap, à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Tu peux en être fière. Je n'ai pas eu le temps de m'y rendre. Je retournerai à Villefranche et chercherai cette rue et peut-être mes pas me conduiront jusqu'à cette maison que tu aimais.

Que dire aujourd'hui, un jour après. Qu'il y a eu un AVANT bien sur. Un avant où je ne te connaissais que par le biais de quelques lignes de David Foenkinos, quelques photos sur le NET, une vidéo sur Youtube. Et puis il y a eu un APRES. Cet APRES quand j'ai vu ton Oeuvre. Ta vie.

Merci pour toutes ces peintures que tu as su mettre en scène, merci pour les musiques que tu as si bien incorporées et merci pour ces textes qui ont su mettre en valeur chaque époque de ta vie.

On est le 30 septembre aujourd'hui. L'exposition va se terminer. Peut-être même qu'ils ont commencé. Il est 16 H 20. Ils vont dépendre les sous-verres et les mettre dans des caisses. Ils en prendront soin sois en sure. Comme d'autres avant en ont pris soin. Peut-être repartiras-tu dans une autre ville. Tes peintures vont voyager de par le Monde. D'autres personnes viendront te voir. Certaines auront déjà entendu ton Nom, comme moi. D'autres iront TE voir parce qu'ils sont attirés par la peinture. Mais, sûr, ils apprécieront l'exposition. Il apprécieront VIE ou THEATRE ? LEBEN ? ODER THEATER ?

J'ai été enchantée de te connaître Charlotte.

 

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la naissance de Charlotte

PORTRAIT DE CHARLOTTE

charlotte et ses parents

les voyages

         charlotte dessine

les cours de dessin

 

CHARLOTTE ET SON GRAND PERE

charlotte et sa mère

charlotte se prépare pour villefranche

CHARLOTTE NE SAVAIT PAS POUR SA MERE

 

 

UN EPISODE DE SA VIE

charlotte la guerre est déclarée

CHARLOTTE DECOUVRE VILLEFRANCHE

CHARLOTTE DECLARE SON AMOUR A ALEXANDER

CHARLOTTE ET ALEXANDER EN BATEAU

C'EST AINSI QUE NAIT VIE OU THEATRE

 

LEBEN ODER THEATER

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FIN

  

Texte de Marina. Photos de Marina et de Pieb. N'oubliez pas votre commentaire. Merci