Êtes-vous déjà allés à Ellis Island ? c'est une île à l'embouchure de l'Hudson, proche de Liberty Island. Elle a été l'entrée principale des immigrants qui arrivaient aux Etats-Unis, fuyant leur misère ou la famine qui règnait dans leur pays.

Nous avons fait Ellis car le billet du  City pass faisait  le combiné avec la statue de la Liberté. Bien sur, on n'en ressort pas indemne. Voir dans l'entrée malles et valises qui attendent encore leurs propriétaires, voir la salle des enregistrements où s'entassaient un milliers de personnes sur plusieurs files. Imaginer ces gens, descendus du bateau, fatigués, sales, se voir épingler un papier avec le nom du bateau sur leur costume, passer des examens médicaux, répondre aux questionnaires, arriver ici, complètement paumés mais gardand l'espoir d'une vie meilleure dans cette terre promise. Vantée pouvoir leur offrir tout et même plus. A certain on leur avait fait miroiter une ville aux pavés d'or. J'ai beaucoup lu. Appris aussi qu'une jeune fille passa la première à Ellis. Cette jeune fille était Annie Moore. Une jeune irlandaise.

Alors je ne suis pas là pour vous expliquer Ellis Island de A à Z. Mais pour vous emmener dans mon voyage. dans SON voyage.  Je me suis mise dans la peau de cette jeune fille partie de son pays pour vivre un rêve américain. Inventée de toute pièce cette histoire vous ne la trouverez nulle part. seule Annie Moore a vraiment existé et a vraiment été la première imigrante à passer Ellis Island. Elle a bien reçu des Officiers une pièce de 10 $ en or. 

En plus je crois aux signes. Je suis allée à Ellis Island. Annie Moore a été la première à être passée par là. Elle est partie de Cobh en Irlande et c'est là que je dis que je crois aux signes, mes amis And et Jack sont allés en Irlande, d'où la photo du port. Cela me paraît impensable. Pourquoi ais-je eu l'idée d'écire sur ELLE ? je ne sais pas !

 

Annie Moore, la petite irlandaise à Ellis Island

 

annie Moore statue à Cobh, dessinée par Marina

 

 

1892. En Irlande. Elle, Annie Moore, venant du Comté de Cork,  embarque alors avec ses deux frères Antony et Philip sur un paquebot pour retrouver ses parents partis 4 années plus tôt aux Amériques. La misère et la famine les avaient contraint de partir de leur Pays, laissant à Annie le soin de s'occuper des 2 petits. Le temps sans doute de retrouver LA-BAS, un moyen d'élever leur famille. LA-BAS, c'était New-York. ON leur en a dit tellement de choses, même que les pavés des rues étaient dorés, qu'il y avait du travail pour tout le monde. Elle, la petite Annie est devenue adulte à 14 ans. Mère de ses frères à temps plein, infirmière, consolatrice, cuisinière, couturiere, nurse. A 15 ans, elle part !  Elle laisse tout derrière elle. Tout est un bien grand mot. quelques affaires dans une maison où on la laissait vivre elle et ses frère, un peu par pitié. La valise... ah oui ! elle est au-dessus de l'armoire. Prévoir les vêtements pour les garçons et pour elle, suffisament pour un mois. Elle fait des piles. Une pour chaque garçon, une pour elle. Une photo de ses parents, un savon, un peigne. Empoignant ses deux frères, ils  prennent la direction de COBH pour attendre le bateau. Un dernier regard sur la Cathédrale de Saint-Colman dont elle voyait souvent le clocher crever  le ciel bas, puis ils quittent l'Irlande.

un dernier regard sur la Cathédrale Saint Colman.

 

cathedrale-ST-Colman-11

La terre qui n'a pas pu les garder. Alors, commencera une longue traversée, sur un paquebot rempli de ces gens qui fuient leur terre pour un meilleur avenir. Un paquebot rempli, bondé comme sa valise, de jeunes, de vieux, de valides, de malades. tous entassés. Son premier voyage sera pour fuir son Pays. Un mois de mer, avec ses mauvaises conditions de voyage, les larmes, la sueur, les odeurs nausébondes, les cabines aux chaleurs étouffantes, suffocantes et mal ventilées, les privations, le manque d'hygiène, de soins, le manque d'intimité. Seules sa volonté et son espoir lui faisaient rester solide et garder la tête haute quand d'autres s'abandonnaient au désespoir ou à la fatigue. Elle tout supporté ! Elle savait que si elle se laissait aller à la dérive, personne ne l'aurait remise sur les rails. Elle était la loco qui fait avancer. Pas question de flancher. Elle ne pouvait imposer une mauvaise image d'elle à ses frères qui la suivaient accrochés à ses jupons.  Pour prendre un peu d'air, elle se frayait un passage, bousculant parfois les gens entassés sur le pont ou assis sur leurs valises, ou même ceux retenant serrés contre eux meurs maigres bagages, et qui regardaient plus loin que l'horizon. Elle aussi voulait le voir ce point plus loin que l'horizon. Elle scrutait tant bien que mal, par dessus des têtes ou des épaules et pour cela elle se mettait sur la pointe des pieds. Elle aurait voulu être la première à le voir ce point.  Cette terre promise qu'on lui avait décrite. Elle en rêvait souvent. New York allait devenir accessible. Elle n'aurait qu'à lever les yeux pour voir les building caresser le ciel. Mais jusqu'à présent ce n'était qu'Océan à perte de vue. Un Océan avec ses humeurs changeantes. Il lui arrivait d' être calme et tranquille et là elle se disait qu'ils arriveraient plus vite à Port. Mais, quand les vents et la mer se déchaînaient, elle croyait qu'ils allaient couler, s'enfoncer dans le ventre noir de la mer, où même perdre le cap et se perdre à jamais. Alors avec ses frères, ils se serraient l'un contre l'autre et ne faisaient plus qu'un. Ils se disaient qu'à eux trois ils s'en sortiraient mieux. 

Et puis un jour, ils la virent. Au loin. Ils s'en approchèrent. C'était la terre. La terre promise. La terre d'asile. Ici, c'est l'embouchure de l'Hudson . Ellis Island. Plus ils s'en approchent, plus les gens se pressent, se bousculent, s'écrasent. Voulant tous descendre les uns avant les autres. Certains tombent. D'autres piétinent. Elle, valise en main et agrippant fortement ses deux frères de l'autre reste calme. Elle marche vite. Se sauvant presque. Ne se retourne pas. Tant pis pour les autres. Elle descent. Ils sont à New York. Enfin.  La première, toute première chose qu'elle verra, c'est la Grande Dame, la Liberté éclairant le monde. Accueillant les immigrants. Elle l'impression qu'elle lui ouvre les bras. Le rêve américain. Ellis Island, l'Isle Of Hope ainsi qu'elle sera surnommée.

Elle sera la première migrante ce 1er juillet 1892 à passer par Ellis Island. Malgré la fatigue, malgré ses bottines qui ont l'air d'avoir souffert autant que ses pieds, malgré son accoutrement de pauvresse, sa tignasse qu'elle a retenu en un nœud (elle a perdu son chapeau dans la bousculade) elle est accueuillie par des officiers qui vont lui donner une pièce d'or de 10 dollars. Son premier trésor qu'elle se dit ! le début !

Elle passera par cette salle des bagages pour y laisser sa valise bombée, déformée, ficelée, le temps d'aller à la salle d'enregistrement. Elle se sera surement retrouvée là, perdue dans cette salle immense,  un papier avec le nom du bateau épinglé sur son veston. Se sera surement retrouvée au milieu d'une file de gens, arrivés comme Elle, par le même bateau, certains hagards, abattus, mais gardant l'espoir de rester ICI il se tenaient droits pour masquer leur fatigue. Elle aura probablement subi nombre d'examens juridiques et de santé, et rempli de longs questionnaires pour enfin être libre de vivre à New York. D'une fenêtre elle la revoit encore cette Statue de la Liberté qui l'a accueillie tout à l'heure. Elle est petite et elle pourrait la tenir dans sa main pense-t-elle.  Elle ira récupérer son bagage entassé parmi des centaines d'autres bagages, reprendra ses frères sous son aile et ils prendont le ferry pour Battery Park, laissant Ellis Island derrière elle.  Premiers pas sur la terre ferme. Elle est à New York.

 FIN

ici, le Port de Cobh, d'où Annie Moore est partie. l'adieu à l'Irlande.

 

COBH le port des transatlantiques

 

Ellis Island... " l'Isle of hope"

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DES MALLES ET DES VALISES QUI ATTENDENT LEURS PROPRIETAIRES

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depuis Ellis Island, Elle a vu, comme moi j'ai vu, la statue de la Liberté

apercevoir la Liberté depuis une fenêtre d'Ellis Island

 

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FIN

Texte de Marina. Photos de And, Pieb et de Marina. Merci de votre commentaire.