Le jardin Majorelle est un jadin extraordinaire (allez...  un peu de Charles Trenet), un jardin au coeur de Marrakech, avec ses couleurs et son dépaysement. Quand je dis ci-dessous que c'est une oeuvre d'art, je ne pense pas me tromper.

Le Jardin Majorelle

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Marrakech. Une envie folle d'aller au Jardin Majorelle, sur les pas d' Yves Saint Laurent. L'entrée se trouve dans la rue qui porte son nom. Il faut faire un peu la queue. Puis...le porche... Puis le jardin ! Un jardin ? non, carrément une source de poésie. Un parcours au milieu des cactus, des bougainvillées, des bambous, des plantes aquatiques, le tout dans une palette toute pleine de fraîcheur, colorée de ce bleu dit « Majorelle », un bleu cobalt, un bleu dur, un bleu outremer, un bleu intense, partout, sur les fontaines, les jarres, les pots , les murs. Et ce n'est pas tout, ça et là, le pinceau est passé par là en appliquant quelques touches de jaune citrin qui viennent colorer ce petit paradis.

Quand je dis que ce n'est pas véritablement un jardin, c'est vrai, c'est une véritable œuvre d'art. C'est un tableau vivant dans lequel nous sommes les acteurs et les spectateurs. Je suis entrée moi dans ce tableau. Sur la pointe des pieds. Pour ne pas perturber les oiseaux qui nichent partout dans les arbres et qui s'envolent à notre approche en chantant à tue tête ; pour écouter les grenouilles minuscules qui émettent un bruit impressionnant. Pour moi c'est un agréable contraste avec ce que je viens de vivre, un véritable dépaysement, un endroit magique. Après les souks et les kilomètres je me retrouve en plein milieu d'une toile de Maître. Un tableau de Matisse. Pourquoi Matisse : parce que j'ai en tête ce « NU » d'un bleu presque identique à tout ce bleu qui m'entoure.

Si j'avais été peintre, aurais-je eu assez de couleurs ? Je crois que j'aurais été loin, très loin pour aller chercher ces couleurs. Le peintre Jacques Majorelle, à qui l'on doit ce jardin, avait vu ce bleu dans l'Atlas. Alors, j'aurais parcouru tout l'Atlas rien que pour un peu de ces couleurs. Et si l'Atlas n'avait pas pas suffit, je serais allée plus loin encore. Majorelle y avait fait là son havre de paix comme après lui Yves Saint Laurent et Pierre Berger. Lorsqu'il l'acquérirent en plein abandon en 1980, ils le sauvèrent d'abord d'un projet immobilier puis lui rendirent la vie, le restaurèrent comme il est aujourd'hui, comme l'aurait voulu Jacques Majorelle.

Là, dans la roseraie se trouve un mémorial, composé d'une colonne romaine posée sur un socle. Une colonne. Cassée. Une plaque porte le nom de Yves Saint Laurent. Juste une plaque : Yves Saint Laurent, Couturier français. Oran 01.08.1936// Paris 01.06.02008.

Pas de : ici repose. NON. On sait qu'il repose. Depuis 2008. Ses cendres ont été dispersées dans ce jardin où il aimait particulièrement se promener et peut être même y puisait-il quelques inspirations. Il devait marcher lentement dans les longues allées rouge orangé, couleur qui rappelle la couleur des kasbahs de terre marocaines, jusqu'au bougainvillée géant, et s'asseoir, juste en dessous, comme l'a fait Jacqueline en nous attendant. ((Elle avait dit « je vous attends sous le bougainvilliée ». Comment le rater (le bougainvillée?) comment la rater (Elle, Jacqueline!), eh bien, on s'est ratés !!)). et pourquoi ? Parce que dans ce jardin, on a la tête soit en l'air pour contempler les arbres immenses, soit au sol pour admirer les pots de couleur. Yves Saint Laurent. Contemplait-il comme je l'ai fait ce plan d'eau entouré de plantes aquatiques. Regardait-il comme moi, les tortues d'eau, essayant de remonter sur le rebord bleuté du bassin ; écoutait-il au loin murmurer l'eau des nombreuses fontaines couvert à certaines heures par le chant du muezin venu de la Koutoubia. Plongeait-il son regard par delà ses grosses lunettes d'écailles dans cette végétation luxuriante pour essayer d'y apercevoir quelqu'oiseaux rares ?

Voilà, j'ai marché dans ses pas, vécu un merveilleux moment dans la magie d'un artiste, qui a su garder au cœur de cette ville grouillante un vrai havre de paix. Lui rendre ses couleurs et nous en ouvrir les portes.

Une citation d'Yves Saint Laurent : « depuis de nombreuses années, je trouve dans le jardin Majorelle une source inépuisable d’inspiration et j’ai souvent rêvé à ses couleurs qui sont uniques ».

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Pieb qui entre au jardin Majorelle

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FIN

La promenade est terminée. J'espère que vous avez aimé entrer dans ce jardin. Le texte est de Marina. Les photos, un coktail de Pieb et de Marina. N'oubliez pas votre commentaire. Merci.