Il y a des années de cela, beaucoup d'années dirons nous, c'était toujours le même plaisir et  la même surprise de les voir arriver dans leur petite 4 chevaux. "Les" : c 'était Monsieur Maurice et Madame Paulette.

 

La chapelière de la rue Piron

 

la modiste

Je me souviens encore aujourd'hui comme si c'était hier

de celle que j'appelais très poliment Madame Paulette !

Quand je l'ai connue moi c'était déjà sur le tard,

ma mère aimait à me conter son histoire.

Madame Paulette fut sa toute première patronne

Ellela prit sous son aîle et devint ainsi sa chaperonne.

Elle possédait une petite boutique avec vitrine sur rue

Elle était chapelière, elle faisait des chapeaux,

ses doigts couraient sur le feutre ou les riches tissus

allant du bibi au béret et même jusqu'au Borsalino !

La mode ? elle la suivait sur les magazines

et laissait aller libre cours à son imagination

elle exposait toujours dans sa vitrine

comme font les artistes, ses dernières créations.

Plumes, épingles, voilettes, perles ou bien rubans

pour les grandes dames de Dijon, rien n'était trop beau

une touche par-ci, un petit plus par là, et tout son talent

C'était disait-elle......... sa cerise sur le chapeau !

Madame Paulette avait un amoureux, qui tous les soirs,

venait l'attendre là, et ce qui est incroyable

il n'entrait pas : ce n'aurait pas été convenable !

Car c'était là, le tout début de leur histoire.

En amoureux transi, un jour il lui demanda sa main

alors, comme elle l'aimait elle lui dit : « je te la donne

nous serons : toi le patron et moi la patronne,

nous tiendrons tous les deux ce petit magazin ».

A Eux deux, la petite boutique de désemplissait pas

Madame Paulette créait, moulait, cousait à tour de bras,

Lui, que l'on appelait avec respect Monsieur Maurice

achetait les « derniers patrons » pour sa belle créatrice,

La mode, toujours la mode, il fallait être au top !

les « modes et travaux » fleurissaient dans les kiosques

il leur fallut aller de plus en plus loin voire même jusqu'à New York

pour se dénoter, en faire toujours plus … ils ont dit STOP !

Ils ont fermé un jour dans la rue Piron leur petite affaire

rangé dans les boîtes rondes tous ces beaux chapeaux

tourné la cléf une dernière fois , une toute dernière !

et sont partis tous deux dans leur «4 chevaux ».

Parfois ils venaient nous voir dans leur petite auto

et pour nous, vous pensez bien c'était toujours une surprise,

Lui fier au volant, Elle : coiffée d'un petit chapeau

…......... qu'elle ornait parfois en juillet d'une cerise !

C'était la cerise sur le chapeau !!

 

FIN

 

dessin de Marina, texte de Marina. N'oubliez pas votre commentaire. Merci.